18/09/2011

18/09/11 - 02:30

L'ami Gavroche





Te souviens-tu, Jean-Louis,
De ton ami, le poète ?
Maintenant, toi, qui renie
Tes années de trouble-fête...

Te souviens-tu de la chambre ?
D'où tu colorais les murs
Pour dissimuler les cendres,
Les lézardes et les rainures...

Te souviens-tu des idées
Que vous aviez en commun ?
La rue Drouot, son café...
T'en souviens-tu, dis, Forain ?

En ce temps là, les débauches
Défiaient tout quotidien...
Lui, il t'appelait Gavroche,
Je crois même qu'il t'aimait bien...

N'avoir point de bandeau ni perles,
Se mirer seul dans un regard...
L'oeil bleu pâle d'un ami fidèle
Est le plus sincère des miroirs...

Le quartier Latin, la bohème,
De cela, il ne reste rien...
Plus une ombre au tableau ni même
L'esquisse d'un portrait du défunt...

Te souviens-tu, Jean-Louis,
Des rumeurs de la chambrée ?
Quand dans ses "carreaux" de fille,
Tu désirais te mirer...

Sises rue Campagne-Première,
Deux silhouettes androgynes,
Suspendues à la fenêtre,
Minaudaient les "rats des villes"...

Te souviens-tu, Bel-Ami,
Quand tu croquais pour un temps
Les traits graciles de celui
Qui fut la Muse et l'Amant...

Quand les saisons se succèdent,
Les traces de peinture à l'eau,
Sans rémission, sans remède,
S'effacent à jamais... Rideau !

26/04/2011

26/04/11 - 03:39

Huit millimètres



Je me vois à l'écran...
Dieu ! Que c'est déroutant !
Mais un autre que moi,
Se joue de moi... Et là,
Je vois l'adolescent
Qu'il était... De mon sang,
Je jure qu'il est en moi :
Je le vois... Je me vois !

Car j'ouvre enfin les yeux
Sur le mystère de mes 13 ans...
Aussi, je suis de ceux
Qui n'ont pas su gagner du temps !

Mais j'ouvre enfin mon coeur,
En vain, pour ces années perdues...
Le futur est l'auteur
De l'ode à la déconvenue...

Avec un "Si",
J'aurais fait tout de moi,
Une oeuvre d'art...
J'aurais aussi
Su imposer ma loi,
Mon avatar...

Si j'ouvre enfin les yeux...
Que reste-t-il de ce passé ?
Un filtre vertueux,
Un masque pâle et mensonger...

Mémoire, ouvre la porte !
Je sais, qui de l'autre côté
Va jouer l'autre note :
Ce "Si" vibrant de vérité !

Avec ce "Si",
J'aurais fait de cela,
Une forme d'art...
Ce que je suis,
A présent, n'était pas
Dans ma mémoire...

Je me vois à l'écran...
Dieu ! Que c'est déroutant !
Mais un autre que moi
Se joue de moi... Et là,
Je vois l'adolescent
Qu'il était... De mon sang,
Je jure qu'il en moi :
Je le vois... Je me vois !

Car j'ouvre enfin les yeux...
De son miroir, je vais renaître !
Et son double et son jeu
M'ont fait sortir de mon "paraître"...

Vois, je m'ouvre en douceur
Et rien ne sera comme avant !
De ce "Si" castrateur,
Je suis ce "Lui", fier au dedans...

J'occis le "Si"
Et pardonne le "Moi"
De mon histoire...
Ce que je suis
A présent, ne dis pas
Qu'il est trop tard !

"... Shirelle... Face caméra...
Mon beau miroir, dis-moi,
A qui est ce minois ? "

La belle est devant moi...
Comme il est elle... Emoi !
Je suis son cinéma...

26/04/11 - 02:52

L'amour qui ose dire son nom



Dans ces nuits sans sommeil
Quand il me semble
N'avoir en rien construit,
De mon âme en chaleil
Naît une lueur... Aube...
"Un coeur tonne à l'envie !"
Vois...
L'apparence me fait défaut,
Aujourd'hui, je dis les mots...
Sortir le Vrai de son coffre,
Se parer de cette étoffe...
C'est...
L'amour qui ose dire son nom,
Ne se terre plus derrière un masque
Et ne se complaît plus dans l'autre...
L'amour m'éprend et en son nom,
Je me tiens droit face aux menaces,
Je ne me sens plus dans la faute...

Dans ces nuits où le doute
Me laisse... à taire...
Je vois dans le miroir
Un coeur empli de foutre !
"S'aimer sans être anoure..."
Qui dit que... Dit "Placard" !
Vois...
L'apparence est plus jolie,
Quand elle se fait l'harmonie
De ces garçons dans le vrai...
Sous la soutane, le coeur c'est...
Un...
Amour qui ose dire son nom,
Qui se querelle et fait du reste
Un lien qui se ravaude aux autres !
L'amour m'éprend, fait de mon tronc,
Une oeuvre de Bellmer, l'inceste
Qui se révèle aux couleurs chaudes...

L'amour qui ose dire son nom
Est fait de cire, d'effets "grimace" !
C'est que l'erreur est dans la côte...
L'amour ne porte qu'un seul nom,
Mais comme un dé, a plusieurs faces...
De qui l'idée ? A qui la faute ?

08/06/2010

08/06/10 - 14:26

Manchester

Hospitalière est mon envie !
Où est le gardien de mes nuits ?
J'étais parti dans son délire...
A la dérive, va le navire !

J'ai possédé bien des nuits blanches
Comme les pécheurs d'avant dimanche !
J'ai renoncé... Anticipé...
J'ai refusé, le dos tourné !

Hospitalière est ma férule !
Comme une alcôve dans la cellule...
J'entends des pas dedans ma tête,
Est-ce le gardien qui va et guette ?

La sentinelle a des visions,
Son point de mire feint la raison...
Mon pauvre corps n'est pas de mise,
Ma chair est nue, ma peau est grise...

Oh ! Le triste songe !
Pause de ma vie...
C'est un rat qui ronge
Des restes d'ennui...

Je passe l'éponge
Sur ce qui nous lie...
Un fruit... Une oronge...
Un noeud pour l'oubli !

Hospitalière est ma folie...
Comme il est temps de faire la ronde !
L'insensé ne fait pas un pli,
J'ai peur de l'homme d'où naît le monde...

Ma bulle de peau est trop fragile
Et mes viscères sont "Anneaux d'or" !
Si je déforme en vain mon style,
C'est pour cacher mon vrai décor...

Fou délié...
Gardien de nuit...
As-tu la clé ?
J'aspire de nouveau à la vie...

( "Réservé aux insensés" )

08/06/10 - 12:59

La tronche à Machin !

29/07/2009

29/07/09 - 19:26

L'éraste et l'éromène...

29/07/09 - 19:22

L'éraste et l'éromène

Si l'éraste enlace l'éromène
C'est pour lui dire: "Tu vois, je règne! ...
De toi, je jouis de la fleur
D'amour... Si douce est ta candeur!"

Et tant qu'Eromène enlumine
L'océan d'idées de l'éraste,
Les vilaines choses ornées d'épines
Feront des plaies à l'esprit chaste

De l'éromène... Sens, Eromène...
Je ne sais pourquoi mon coeur saigne...
Il me disait: "Mon ange, je t'aime,
Tu es la rose en mon domaine!"

Mais...

Des anges
Souillés par des anges
Déchus qui se vengent...

L'étrange
Amour n'a de sens
Que s'il tue l'innocence

Des anges...
La peau, la semence:
Mystérieux mélange!

Plaie blanche,
Bouche et connivence!
L'avenir est absence...

Si l'éraste enlise l'éromène
D'un sombre amour "marais", on aime
A huit ans, tout comme à vingt ans!
Cela n'est pas "Je" dégoûtant!

Et tant qu'Eromène atténue
Dans son aîné, l'autre vertu...
C'est bien là, tout son univers
Qui se brise pour si mal renaître

De l'éromène... Sens, Eromène...
Je ne sais pourquoi mon coeur saigne...
Il me disait: "Bel ange, ma peine
Sera liée fort à la tienne" ...

Paid-erastia... Knabenliebe...
J'oublie... "Oubli"... Tout n'est qu'un jeu...
Des plaies, des bras! Je suis fiévreux... Nerveux?
Tout n'est que peau, sonde et visqueux!

Mystérieux...